Les Années Folles et le jazz
Mais le jazz fait son apparition bien avant et Debussy (et d'autres) ne manque pas de le remarquer. A voir : https://journals.openedition.org/volume/2323?lang=en Quelques exemples : Golliwogg’s Cake-Walk, 1908, (Ragtime, Fox-trot, One-step que Debussy découvre en partitions)
En comparaison avec Chicago, un Fox-trot anonyme
Le minstrel show, ou minstrelsy (de l'anglais minstrel, du français « ménestrel »), était un spectacle américain créé vers la fin des années 1820, où figuraient chants, danses, musique, intermèdes comiques, interprétés d'abord par des acteurs blancs qui se noircissaient le visage (blackface), puis, surtout après la Guerre de Sécession, par des Noirs eux-mêmes. Les personnages noirs de ces spectacles apparaissaient généralement comme ignorants, stupides, superstitieux, joyeux et doués pour la danse et la musique. Les acteurs professionnels délaissèrent le genre vers 1910, mais des amateurs le firent durer jusque dans les années 1950. La montée de la lutte contre le racisme le fit totalement disparaître. Debussy et les Minstrels
1918, Ragtime pour onze instruments d'Igor Stravinski
L'Enfant et les Sortilèges, de Maurice Ravel et Colette,
Les Années Folles, qui désignent les années 1920 à Paris, ont été une période de grand dynamisme culturel et artistique. Le jazz, importé des États-Unis, a joué un rôle central dans cette effervescence. Voici un aperçu détaillé de l'impact du jazz et des Années Folles sur la scène musicale parisienne. Articles de Letizia Bersi : https://www.sutori.com/en/story/le-jazz-pendant-les-annees-folles-de-paris--n88DoBZJB5WwUrbjUH7ZR39a "Le jazz est la musique de la révolte par excellence, c’est par le chant et la musique que ces esclaves retrouvaient leur liberté d’expression, se sortaient du mutisme imposé par le système esclavagiste de l’époque. Ce genre tient aussi une place fondatrice puisqu’on peut le considérer comme le père des musiques populaires contemporaines étant donné son infuence sur presque tous les autres genres musicaux. Aussi cette musique a-t-elle une résonance toute particulière dans l’après-guerre français qui voit se réveiller la création artistique. Le jazz était déjà présent en France, principalement à Paris, dans les années 1920. La ville était un havre pour de nombreux acteurs de cette musique, un endroit où ils étaient reconnus comme de véritables artistes, contrairement aux Etats-Unis. Dans les années 1950, l’histoire se poursuit et de grands artistes comme Miles Davis et Sidney Bechet viennent enregistrer ou s’installer enFrance. Paris devient alors la ville de toutes les avant-gardes, et c’est dans les brasseries du quartier de Montparnasse, bon marché et riche de nombreux cafés, que se retrouvent ceux qui en sont à l’origine. André Breton, Man Ray, Brancusi, Modigliani, Picasso ou encore Gertrude Stein se rassemblent autour du carrefour Vavin, délaissant peu à peu Montmartre. La plupart de ces établissements comme le Dôme, la Coupole, le Select, la Rotonde ou encore la Closerie des Lilas subsistent encore aujourd’hui. Après la première guerre mondiale, Paris connaît dix années d’effervescence ( de 1920 à 1929) et de libération totale qui résonnent comme une parenthèse enchantée en cette période de deuil national. La fête est le mot d’ordre de ce que l’on surnommera « les années folles », menée par une jeunesse enivrée d’espoir, qui souhaite s’amuser, vivre et surtout oublier l’horreur de la guerre. Les années folles entraînent donc les Parisiens dans une sorte de frénésie, aussi bien culturelle que sociale : la ville se métamorphose au gré des constructions Art Déco, les automobiles envahissent les rues, l’électroménager révolutionne le quotidien… Des changements qui participeront activement à l’émancipation des femmes, qui ont déjà pris goût à une certaine indépendance, involontairement vécue suite au départ des hommes pour le front. La génération d’après-guerre refuse de faire des années 1920 des années de deuil. Ils n’ont qu’une envie, irrésistible, de s’amuser et de vivre. Ils vont faire de Paris leur terrain de jeu, et de cette décennie, la plus créative du siècle. Ils n’y seraient jamais parvenus seuls. Depuis la fin de la guerre, des étrangers venus de toute l’Europe les ont rejoints. Sans eux, les années 1920, ne seraient jamais devenues les années folles. La plupart de ces immigrés n’ont pas un sou en poche. Ils ont été chassés par la misère, la violence et la montée du fascisme. Pour eux, la France incarne le pays des Droits de l’Homme, le progrès et la justice sociale. Néanmoins, la crise économique de 1929, provoquée par le krach de Wall Street devenu le célèbre « Jeudi noir », va mettre fin à cette période d’insouciance. La magie des années folles et la vie trépidante des parisiens s’essoufflent peu à peu : la fête est terminée. Heureusement, cette génération de femmes et d’hommes aura marqué Paris assez longtemps pour qu’encore aujourd’hui, dans certains cafés de Montparnasse, l’on puisse encore sentir un brin de folie.
Quelques figures des Années Folles
1. Sidney Bechet, 1897-1959 : https://www.sidney-bechet-productions.com/sidney-bechet/biographie-sidney-bechet/
2. Maurice Chevalier, 1888-1972 : https://memoiredencres.com/auteurs/maurice-chevalier/
3. Mistinguett, 1875-1956 : https://www.lematrimoine.fr/mistinguett/
4. Django Reinhardt, 1910-1953 : https://www.django-reinhardt.com
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