Classe de Terminale HDA - Musique

 

Samson et Dalila

Opéra en trois actes sur un livret de Ferdinand Lemaire

Créé le 2 décembre 1877 au Hoftheater de Weimar

Une composition de Camille Saint-Saëns (1835-1921)

"Mélange épatant d’oratorio à la Händel, de tragédie lyrique à la Wagner mais tout cela à la sauce française", selon Laurent Valière

 

Le livret est constuit sur un récit biblique, au chapitre 16 du Livre des Juges, dans l'Ancien Testament. Mais seul la fin de la vie de Samson est racontée. En revanche, pour connaître l'histoire complète de Samson, et ainsi comprendre la puissante alliance entre l'homme et Dieu, vous trouverez à cette adresse, le texte complet (et même le récit audio !)

Histoire complète de Samson, au Livre des Juges, chapitres 13 à 16.

 

 

 

En 1861, Camille Saint-Saëns est organiste à l’église de la Madeleine. Il mène une carrière de pianiste virtuose et essaie de percer dans le théâtre. C’est un ami qui lui donne l’idée d’adapter le récit biblique au théâtre. Voltaire et Rameau, que vénérait Saint-Saëns, avaient commencé en 1733 un opéra qu’ils n’ont jamais achevé : Samson. (La partition aujourd’hui perdue a peut-être servi de base à d’autres œuvres de Rameau). Et Saint-Saëns reprend le sujet qu’il imagine d’abord comme un oratorio. (Il connaît par ailleurs l’oratorio composé par Händel et intitulé lui aussi Samson).

Camille Saint-Saëns appelait familièrement cet opéra « Dalila ». La jeune femme est au centre de l’œuvre, comme le ver est dans le fruit, c’est une femme fatale, comme Carmen. (C'est du moins ce que l'on peut lire dans de nombreuses interprétations, mais en réalité, ce concept de femme fatale ne correspond pas aux femmes citées plus haut. Carmen et Dalila ne se ressemblent pas et un débat sur le sujet ne serait pas inutile !)

Toutes deux sont interprétées par des mezzo-sopranos, à une époque où les vedettes étaient interprétées par des sopranos.

L’opéra est créé en Allemagne et en allemand, parce que la gestation fut longue. C’est Franz Liszt qui avait poussé Saint-Saëns à aller au bout de cette œuvre maudite, et l’avait présentée, comme promis, chez lui à Weimar et 1877. L’accueil fut bon, mais il faudra attendre treize ans pour que, l’œuvre jugée trop religieuse pour la troisième République Française, soit enfin présentée en France, d’abord à l’opéra de Rouen, et enfin, à l’opéra de Paris, quinze ans plus tard. Depuis, Samson et Dalila n’a jamais quitté le répertoire, et demeure le seul des treize opéras de Saint-Saëns encore joué de nos jours.

 


Le leitmotiv

L'oeuvre est truffée de leitmotive. Mais, qu'est-ce qu'un leitmotiv ?

Une musique qui caractérise un personnage. Surtout employée à l'opéra et au cinéma, elle peut nous donner quelques indications de personnalité, mais surtout, elle informe de la présence du personnage.

Connaissez-vous ces leitmotive ?

Qui est-ce ?
Qui est-ce ?
Qui est-ce ?
Qui est-ce ?
Qui est-ce ?


 Samson et Dalila en quelques notes

Acte I

Scène 1

On entend au loin un chœur sombre, accablé, dans une  nuit symbole de servitude. Il se met à chanter « Dieu d’Israël, écoute la prière ».
L’histoire se déroule en Palestine, les Hébreux sont réunis sur une place de Gaza, devant l’entrée du temple de Dagon, l’idole des Philistins. Ceux-ci forcent les esclaves hébreux à trimer. Les Israélites expriment leur désespoir et supplient le ciel de ne pas les abandonner.

 

Samson parle à son peuple pour lui redonner du courage et surtout pour lui demander de croire au pouvoir de Dieu qui les délivrera.

 

Scène 2

Abimélech, satrape de Gaza, entre avec plusieurs soldats et guerriers philistins. Il vient railler ce peuple esclave.
(Satrape, gourverneur d'une satraperie, c'est-à-dire d'une division administrative de l'empire achéménide, du royaume de Macédoine et de l'empire séleucide. Il est le représentant direct du roi dans une province, où il exerce toutes les prérogatives royales).

 

 

Abimélech se précipite sur Samson l'épée à la main pour le frapper ; Samson lui arrache l'épée des mains et le frappe. Abimélech tombe en criant : « A moi! ». Les Philistins qui accompagnent le satrape veulent le secourir ; Samson, brandissant son épée, les éloigne. La plus grande confusion règne parmi eux.

 

Scène 3

Les portes du temple de Dagon s'ouvrent ; le Grand-Prêtre, suivi de nombreux serviteurs et gardes, descend les degrés du portique; il s'arrête devant le cadavre d'Abimélech ; les Philistins s'écartent devant lui.

 

 

 Scène 6

Après cet épisode sanglant, le calme paraît revenu. La porte du temple de Dagon s’ouvre, sur des femmes philistines. Elles tiennent dans leurs mains, des guirlandes de fleurs ; Dalila apparaît. Le contraste est saisissant ; la voix de la jeune femme se fait séductrice. On sent déjà que Samson a du mal à résister. A la fin du premier acte, Saint-Saëns compose pour la jeune femme une douce mélodie. Elle exalte la beauté du printemps, elle est sûre que Samson viendra à elle à la nuit tombée. En contrepoint, un vieillard hébreu conseille à Samson de se méfier, dans un chromatisme inquiétant.

 

Pour être complet, un opéra propose toujours un ballet, comme la danse des prêtresses de Dagon, à la fin de l'acte.
Les jeunes filles qui ont accompagné Dalila dansent en agitant des guirlandes de fleurs et semblent provoquer les guerriers hébreux qui accompagnent Samson. Ce dernier, profondément troublé, cherche en vain à éviter les regards de Dalila ; ses yeux, malgré lui, suivent les jeunes 
Philistines, prenant part à leurs poses et à leurs gestes voluptueux.)

 

 

 

Acte II

Saint-Saëns a composé Samson et Dalila en débutant par cet acte, le deuxième, avec seulement trois personnages, un acte qui transpire d’émotion, d’amour et de passion charnelle, qui s’ouvre sur ce prélude et qui dépeint un orage au loin. Voici Dalila et le Grand Prêtre philistin. Le voile est tombé, nous avons compris que tous complotent contre Samson. Elle cherche à découvrir la raison de sa force. Tout explose en un duo de furie, et les deux laissent aller leur haine contre Samson et contre son peuple.

Prélude

Scène 2

Dalila seule. Elle est plus parée qu'au premier acte. Au lever du rideau, elle est assise sur une roche, près du portique de sa maison et semble rêveuse. Mais elle est répidement rejointe par le Grand Prêtre de Dagon. C'est dans cette deuxième scène que l'on apprend que Samson et Dalila se voient régulièrement, puisque trois fois déjà, elle a essayé de lui soutirer le secret de sa force. Samson n'a donc pas résisté à son charme, malgré les avertissements du vieillard.
Mais on comprend également qu'elle est pleine de haine.

 

Dans le duo suivant, Samson lutte pour ne pas confier son secret. Il s'agit du moment le plus impressionnant de Samson et Dalila. Jusqu’ici les musiques de Saint-Saëns sont élégantes, parfois chatoyantes pour le ballet des philistines, mais cette fois Wagner s’invite dans une scène cruciale. C’est Franz Liszt qui écrivait : "voici un duo où Dalila et Samson s’endiablent amoureusement ». Et la musique l’exprime effectivement. Samson est déchiré : il veut rompre avec Dalila qui le détourne de sa mission sacrée, mais il est attiré par la puissance de l’amour. Quant à Dalila, elle n’aime pas Samson, mais feint de l’aimer pour lui arracher le secret de sa force. Le duo est inspiré par l’écriture de Wagner, car Samson a truffé Dalila de leitmotive exposés dès le début de l’opéra qui sont comme des commentaires de l’orchestre sur les sentiments. Et ces leitmotive sont omniprésents dans cette scène la plus célèbre de Samson et Dalila.

L'acte s'achève sur la capture de Samson  

 

Acte III

Scène 1

Quand le rideau se lève sur le troisième acte, la musique douloureuse fait entendre Samson devenu esclave, les yeux crevés, la chevelure coupée. Il tourne une meule.
Saint-Saëns compose pour le héros un nouveau grand air religieux : une lamentation pleine de grandeur, de douleur et de dignité. Avec ce chœur à cappella, on est vraiment au sommet de l’émotion dans Samson et Dalila.

 

 Scène 2

Le Grand­Prêtre de Dagon entouré des princes philistins. Dalila, suivie des jeunes femmes philistines, couronnées de fleurs, des coupes à la main. Le peuple remplit le temple. Le jour se lève.
C'est un jour de fête. Bacchanale.

 

Scène 3

Dalila et le Grand Prêtre se dirigent vers la table des sacrifices sur laquelle se trouvent les coupes sacrées. Un feu brûle sur l'autel qui est orné de fleurs. Dalila et le Grand Prêtre, prenant les coupes, font une libation sur le feu sacré qui s'active, puis disparaît, pour reparaître au troisième couplet de l'invocation. Samson est resté au milieu de la scène, ayant près de lui l'enfant qui le conduit ; il est accablé par la douleur et semble prier.

 

Entre temps, ses cheveux ont repoussé. Sa force revient. Il réussit, lors de cette fête, à se rapprocher des colonnes du temple qu'il fait basculer jusqu'à l'effondrement du bâtiment emportant avec lui le Grand Prêtre et des centaines de Philistins. L'oeuvre s'achève sur des cris.

Direction musicale : Ariane Matiakh
Mise en scène : Marie-Eve Signeyrole
Chef de chœur : Alessandro Zuppardo
Samson : Massimo Giordano
Dalila : Katarina Bradić

 

 

Orchestre symphonique de Mulhouse - Chœur de l'Opéra national du Rhin


Le Grand Prêtre : Jean-Sébastien Bou
Abimélech : Patrick Bolleire
Un vieillard hébreu : Wojtek Smilek
Un messager philistin : Damian Arnold
1er Philistin : Néstor Galván
2ième Philistin : Damien Gastl


Assistante mise en scène : Sandra Pocceschi
Collaboration aux mouvements : Julie Compans
Décors et costumes : Fabien Teigné
Assistante costumes : Pauline Kieffer
Lumières : Philippe Berthomé
Conception vidéo : Marie-Eve Signeyrole
Coréalisation vidéo : Laurent La Rosa

 

Le tambour (de) basque (ou tambourin), tam tam, glockenspiel, crotales...

 

 

Présentation "stylée" pour les jeunes

 

 

Lien utiles :

France Musique
Philharmonie de Paris
Livret