Les sons échantillonnés

 

Définition

Le terme échantillonnage numérique est une traduction de l’expression anglaise digital sampling, qui renvoie à l’inclusion d’œuvres ou de sons précédemment enregistrés dans de nouvelles compositions musicales. Ceci s’effectue à l’aide d’échantillonneurs, (samplers en anglais) des machines ou des programmes informatiques qui permettent de copier des extraits plus ou moins longs d’enregistrements sonores puis de les modifier et les réagencer de manière à créer des œuvres distinctes de celles qui ont été ainsi échantillonnées.

 

Ne pas confondre avec les synthétiseurs qui, comme leur nom l’indique, synthétisent et imitent électroniquement les fréquences sonores des timbres d’instruments réels, ou créent tout simplement de nouveaux sons et de nouveaux timbres à partir d’algorithmes sans se baser sur des enregistrements sonores préexistants.

 

Historique de l’échantillonnage

Les premiers échantillonneurs tels que le Mellotron étaient des machines analogues qui permettaient à leur acquéreur d’enregistrer des sons sur des bandes magnétiques et de rejouer ces sons à l’aide d’un clavier. Bien qu’ils connurent une certaine popularité lors de leur apparition, ce fut l’arrivée des premiers échantillonneurs numériques et l’utilisation qu’en firent les premiers producteurs de la musique hip hop qui sont à l’origine de la musique basée sur des échantillons d’enregistrements sonores telle que nous la connaissons aujourd’hui.



Le terme «hip hop» renvoie à un mouvement culturel né au sein de la communauté noire de New York à la fin des années 1970, et qui s’est rapidement propagé aux quatre coins du monde. Regroupant quatre éléments, elle regroupe l’art visuel du graffiti, la danse acrobatique «break dance», la poésie rap et la musique créée par les disc-jockeys. C’est aussi à l’évolution du travail de ces derniers que nous nous intéresserons dans cet essai.

Puisque plusieurs des premiers créateurs d’œuvres musicales du mouvement hip hop n’avaient jamais appris à jouer d’instruments musicaux, ce que l’on est venu à appeler la «musique rap» est apparue lorsque des disc-jockeys ont commencé à utiliser deux copies du même disque de Jazz, Soul ou de Funk pour jouer en boucle une partie instrumentale d’un enregistrement sonore alors qu’un rappeur récitait des rimes par-dessus la musique pour faire danser le public. Des disc-jockeys comme Afrikaa Bambatta, Grandmaster Flash et Kool Herc furent les pionniers de cette technique.

 

 

Le fond musical du premier succès commercial rap, « Rapper’s delight », du Sugar Hill Gang, comprend un extrait de huit mesures joué en boucle par des musiciens du morceau «Good Times» du groupe Chic. «Rapper’s delight » est donc fait à partir d’un échantillon de l’œuvre musicale «Good Times», mais non de son enregistrement sonore par le groupe Chic.

 

 

Ecoutez le tube à succès basé sur Good Times, Rapper’s delight :

 

Au Canada, Maestro Fresh Wes entra dans l’histoire du rap canadien avec son succès «Let your backbone slide», qui échantillonna deux mesures de «The Champ» des Mohawks et une mesure de batterie de «Funky Drummer» de James Brown.

Ecoutez d'abord la séquence de batterie tirée de Funky Drummer :

Puis les deux mesures de The Champ :

 

Et enfin, le résultat dans Let your backbone slide :

 

 

Mais qu'en est-il de cet extrait ?